Un doux rire me réveille, comme les rayons de l'astre du jour naissant m'éfleurent le visage. J'entrouvre les yeux, curieuse. De grands yeux saphir encadrés par de longues mèches d'or me regardent. Ils mangent la moitié d'un ravissant visage ovale au menton pointu, couvert de délicates écailles d'un bleu nacré. Écailles ? Je sursaute. La créature s'écarte, effrayée, et déploie ses ailes étincellantes. Elle prend son envol. Je crie :
-Attends !
L'ange écailleux a l'air encore plus paniquée et s'enfuit à tire-d'ailes, me laissant à nouveau seule.
Quelle idiote je suis ! La pauvre avait des intensions amicales et je l'ai fait fuir ! Mais, qu'est ce que c'était ce... enfin, cette...appariton ? Ce monstre ? Cette personne ? Il est clair que l'ange est doté de bon sens, d'humanité. À quelle peuplade étrange appartient cette fille ? Sont-ils belliqueux, ou plutôt amicaux ? Pour le savoir, il faudrait que je me montre. Hmm. Faudrait que tu trouves une solution plus brillante, Sania. T'es vraiment stupide ! Bon, pour en revenir à la fille et à l'autre vert...Quels drôles d'oiseaux !
À propos d'oiseau...Où il est, mon ami d'infortune ? Un cri retentissant m'informe de sa situation. Je marche, heureuse, vers lui, quand je le vois sortir de la tour en sautillant. Oh mon Dieu, qu'il est grand ! La base de son cou m'arrive à la moitié de la cuisse. Quand il étire son long cou sinueux de cygne, sa tête atteint presque mon coude. Je remarque son ½il intelligent et malicieux qui me fixe. J'y trouve un air humain. Je m'aperçois que sa blessure a été soignée, par je ne sais quel miracle. Je dis à l'oiseau, un peu triste :
-Tu es guéri...Tu peux partir maintenant.
Le volatile me dévisage gravement. Son regard accroche mes yeux, un courant électrique me parcourt. Je ressens des sensations qui ne sont pas à moi, j'ai un mouvement de recul. Les pensées m'envahissent. Ce sont celles de l'oiseau. Les sentiments me disent en gros :
-"Reconnaissant de m'avoir soigné...rester avec toi...pour te protéger..."
Touchée, je me baisse et enlace l'oiseau, comme un ami, un compagnon de voyage.
Je décide d'explorer le territoire en suivant le cour du ruisseau. Pour trouver les autochnones. Avant de me mettre en route, je dévore deux poires d'or en guise de petit déjeuner, pendant que l'oiseau s'envole pour chasser. J'admire son balai aérien : il a un vol étonnament fluide et rapide ! Enfin rassasiés, nous entammons notre voyage.
Voilà trois jours que nous sommes partis, et il n'est rien arrivé de notable. Pas de trace de civilisation ou d'anges à écailles. En revanche, il y a un grand nombre de traces d'animaux de tout genre : des grandes empreintes, des plus petites, des griffues, des profondes...Mais je n'ai pas encore croisé de bestioles bizarres. Mais ça ne saurait tarder. La nuit dernière, un animal, sûrement volant et de belle taille, est venu me rendre visite. Rien que de penser aux traces monstueuses qu'il a laissé, j'en ai encore des frisson. Heureusement, il ne m'a pas goûtée. J'ai bien fait de pas crier ! En même temps, j'en aurai été incapable : j'étais proprement tétanisée par la peur ! J'espère ne pas faire d'autres mauvaises rencontres...
Un lac ! Je vois un lac ! Une immensité turquoise avec, au milieu, un petit volcan tout fumant. Je cours vers l'eau et y trempe un doigt. Je suis stupéfaite : l'eau est à une température très agréable, une vingtaine de degrés. Je me jette à l'eau après avoir oté mon pantalon et mon bouson. Le fond est recouvert d'un sable blanc et doux. Les berges sont bordées de grands arbres qui ressemblent plus ou moins à des cocotiers, avec des gros fruits de la taille et de la forme d'un ballon de rugby de couleur violet et des feuilles vert pâle. Comestibles ? Je nage vers l'arbre le plus proche.
La nuit tombe mais je n'ai pas sommeil. J'admire les trois lunes qui éclairent la plage. Une d'or, une d'argent et une de bronze. J'ai passé l'après-midi à nager et à me gaver des fruits violets. Comme les noix de coco, ils ont une coquille très résistante mais ils sont absolument lisses. À l'intérieur, il y a un lait, blanc bleuté, sucré et rafraîchissant. Je n'arrivais pas à les casser et ça m'a mis en colère. Mon emplumé d'oiseau l'a sentit, a saisit une noix entre ses serres et l'a tout simplement brisée. Je l'ai remercié et il m'a lancé un regard du style : "De rien." J'ai décidé de lui donner un nom. Éclair ? Commun. Ouragan ? Bof. C'est en le regardant tourbillonner dans le lac que j'ai décidé : Poséidon, comme le dieu de la mer dans la mythologie greque. Joli, non ?
Maintenant, je marche le long de l'eau pour rejoindre la forêt proche. Soudain, je sursaute : des traces de pas ! Mais je ne suis pas passée par là...
À l'orée de la forêt, perché sur un grand roc blanc, je le vois. Ses cheveux noirs sont lâchés dans son dos, percés par deux longues oreilles pointues. Ses yeux en amande sont vert émeraude, comme ses écailles. Il posséde une grande paire d'ailes de chauves-souris à moitié translucides. Il est vêtu d'une brigantine et de chausses verts forêt, ainsi que d'une paires de bottes de cuir noir qui lui montent jusqu'aux genoux. Une ceinture retient une grande épée et deux longs poignards. Dans son dos, il y a aussi un arc et des flèches. Devant cet étalage d'armes, je n'ai plus trop envie d'avancer et me prépare à fuir bravement, quand cet imbécile de Poséidon pousse un cri perçant, qui me fait sursauter. Ma parole, il a envie de finir en brochette ! L'ange a bondi, et, dans un temps record, a encoché une flèche et bandé son arc. Il pose une question que je ne comprends pas. J'avance, tremblante. Il me regarde, stupéfait par ma peau claire dépourvue d'écaille. Il baisse son arme et se dirige vers moi, méfiant. Malgrè moi, je le détaille : son visage est félin, avec des grands yeux et un menton pointu, comme la bleue. Il doit avoir à peu près mon âge. Mmh, dommage qu'il ne soit pas humain. Puis je me reprends. Il est peut-être agressif, et moi je reste à l'admirer comme la dernière des idiotes ! Non, mais qu'est ce qui m'arrive ?
Poséidon se pose à mes pieds, protecteur. Brave volatile ! L'ange sursaute en le voyant, et tend la main vers lui. L'oiseau fait quelques pas hésitants vers lui, l'observe et pose sa tête dans la main tendue. Il se retourne vers moi : nouvel échange de pensées.
-"Pas ennemi...gentil...suivre chez son chef..."
L'ange me tend la main en geste d'amitié, un sourire aux lèvres. Je la prends et frissonne au contact tiède des écailles. Nous nous enfonçons dans la forêt éclairée par la lune.
Sur le chemin, nous faisons connaissance. Il se montre du doigt :
-Fealin, dit-il avec un drôle d'accent chantant, puis il me désigne d'un mouvement de tête.
-Sania, je réponds.
Il le répète à voix basse, sourit en rejetant ses longs cheveux noirs et m'entraîne dans les méandres d'arbres. Nous arrivons près d'un torrent d'eau froide. Fealin attrape une petite flûte à trois trous, de laquelle il sort une trille mélodieuse. Le même son lui répond de l'autre côté, et, dans un bruissement d'ailes, un autre ange s'envole de la rive opposée et se pose avec légèreté devant nous. C'est une femme, semblable en tout point à Fealin. Même cheveux brillants, même écailles de joyaux...Mais elle porte un bandeau noir sur les yeux. Aveugle ? À part cette singulière différence, elle est vétue d'une longue jupe noire fendue sur les côtés jusqu'à mi-cuisse ( sûrement pour faciliter les mouvements ), d'une cuirasse d'argent ouvragée de feuilles et de fleurs, de longues bottes qui lui arrivent aux cuisses et les inévitables armes ( épée, poignards, arc et flèches ). Sur ses bras dénudés, je remarque que ses écailles sont sculptées très finement. Joli.
Mon guide lui dit quelques mots. Elle y répond d'un hochement de tête, s'agenouille devant Poséidon et tend la main vers lui. L'oiseau renifle les gravures, frotte sa gorge dans la paume de la fille. Je sursaute : les tatouages se sont illuminé brusquement ! La fille a vacillé, surprise. Elle s'incline devant Poséidon et se relève vers moi. Elle tend à nouveau les mains et "regarde" mon visage. Elle parait étonnée de ma peau douce et...de la longueur de mes cheveux !? Il faut dire que la chevelure de Fealin lui arrive quasiment aux reins, et celle de l'autre la dépasse largement de dix bons centimètres. L'a de quoi être surprise : mes malheureux tifs raides atteignent difficilement le milieu de mon dos. Puis la fille me contourne et constate l'absence d'ailes. Elle soupire, décontenancée, puis jette quelques mots à Fealin. Il s'approche, tandis que Poséidon me transmet :
-"Pas t'inquiéter...te transporter plus loin...jusqu'à la ville..."
Sur ce, les deux anges me prennent chacun un bras et se mettent à battre des ailes. Mes pieds décollent du sol petit à petit. Ouha ! Au secours ! J'espère que je ne vais pas avoir le vertige...
-Attends !
L'ange écailleux a l'air encore plus paniquée et s'enfuit à tire-d'ailes, me laissant à nouveau seule.
Quelle idiote je suis ! La pauvre avait des intensions amicales et je l'ai fait fuir ! Mais, qu'est ce que c'était ce... enfin, cette...appariton ? Ce monstre ? Cette personne ? Il est clair que l'ange est doté de bon sens, d'humanité. À quelle peuplade étrange appartient cette fille ? Sont-ils belliqueux, ou plutôt amicaux ? Pour le savoir, il faudrait que je me montre. Hmm. Faudrait que tu trouves une solution plus brillante, Sania. T'es vraiment stupide ! Bon, pour en revenir à la fille et à l'autre vert...Quels drôles d'oiseaux !
À propos d'oiseau...Où il est, mon ami d'infortune ? Un cri retentissant m'informe de sa situation. Je marche, heureuse, vers lui, quand je le vois sortir de la tour en sautillant. Oh mon Dieu, qu'il est grand ! La base de son cou m'arrive à la moitié de la cuisse. Quand il étire son long cou sinueux de cygne, sa tête atteint presque mon coude. Je remarque son ½il intelligent et malicieux qui me fixe. J'y trouve un air humain. Je m'aperçois que sa blessure a été soignée, par je ne sais quel miracle. Je dis à l'oiseau, un peu triste :
-Tu es guéri...Tu peux partir maintenant.
Le volatile me dévisage gravement. Son regard accroche mes yeux, un courant électrique me parcourt. Je ressens des sensations qui ne sont pas à moi, j'ai un mouvement de recul. Les pensées m'envahissent. Ce sont celles de l'oiseau. Les sentiments me disent en gros :
-"Reconnaissant de m'avoir soigné...rester avec toi...pour te protéger..."
Touchée, je me baisse et enlace l'oiseau, comme un ami, un compagnon de voyage.
Je décide d'explorer le territoire en suivant le cour du ruisseau. Pour trouver les autochnones. Avant de me mettre en route, je dévore deux poires d'or en guise de petit déjeuner, pendant que l'oiseau s'envole pour chasser. J'admire son balai aérien : il a un vol étonnament fluide et rapide ! Enfin rassasiés, nous entammons notre voyage.
Voilà trois jours que nous sommes partis, et il n'est rien arrivé de notable. Pas de trace de civilisation ou d'anges à écailles. En revanche, il y a un grand nombre de traces d'animaux de tout genre : des grandes empreintes, des plus petites, des griffues, des profondes...Mais je n'ai pas encore croisé de bestioles bizarres. Mais ça ne saurait tarder. La nuit dernière, un animal, sûrement volant et de belle taille, est venu me rendre visite. Rien que de penser aux traces monstueuses qu'il a laissé, j'en ai encore des frisson. Heureusement, il ne m'a pas goûtée. J'ai bien fait de pas crier ! En même temps, j'en aurai été incapable : j'étais proprement tétanisée par la peur ! J'espère ne pas faire d'autres mauvaises rencontres...
Un lac ! Je vois un lac ! Une immensité turquoise avec, au milieu, un petit volcan tout fumant. Je cours vers l'eau et y trempe un doigt. Je suis stupéfaite : l'eau est à une température très agréable, une vingtaine de degrés. Je me jette à l'eau après avoir oté mon pantalon et mon bouson. Le fond est recouvert d'un sable blanc et doux. Les berges sont bordées de grands arbres qui ressemblent plus ou moins à des cocotiers, avec des gros fruits de la taille et de la forme d'un ballon de rugby de couleur violet et des feuilles vert pâle. Comestibles ? Je nage vers l'arbre le plus proche.
La nuit tombe mais je n'ai pas sommeil. J'admire les trois lunes qui éclairent la plage. Une d'or, une d'argent et une de bronze. J'ai passé l'après-midi à nager et à me gaver des fruits violets. Comme les noix de coco, ils ont une coquille très résistante mais ils sont absolument lisses. À l'intérieur, il y a un lait, blanc bleuté, sucré et rafraîchissant. Je n'arrivais pas à les casser et ça m'a mis en colère. Mon emplumé d'oiseau l'a sentit, a saisit une noix entre ses serres et l'a tout simplement brisée. Je l'ai remercié et il m'a lancé un regard du style : "De rien." J'ai décidé de lui donner un nom. Éclair ? Commun. Ouragan ? Bof. C'est en le regardant tourbillonner dans le lac que j'ai décidé : Poséidon, comme le dieu de la mer dans la mythologie greque. Joli, non ?
Maintenant, je marche le long de l'eau pour rejoindre la forêt proche. Soudain, je sursaute : des traces de pas ! Mais je ne suis pas passée par là...
À l'orée de la forêt, perché sur un grand roc blanc, je le vois. Ses cheveux noirs sont lâchés dans son dos, percés par deux longues oreilles pointues. Ses yeux en amande sont vert émeraude, comme ses écailles. Il posséde une grande paire d'ailes de chauves-souris à moitié translucides. Il est vêtu d'une brigantine et de chausses verts forêt, ainsi que d'une paires de bottes de cuir noir qui lui montent jusqu'aux genoux. Une ceinture retient une grande épée et deux longs poignards. Dans son dos, il y a aussi un arc et des flèches. Devant cet étalage d'armes, je n'ai plus trop envie d'avancer et me prépare à fuir bravement, quand cet imbécile de Poséidon pousse un cri perçant, qui me fait sursauter. Ma parole, il a envie de finir en brochette ! L'ange a bondi, et, dans un temps record, a encoché une flèche et bandé son arc. Il pose une question que je ne comprends pas. J'avance, tremblante. Il me regarde, stupéfait par ma peau claire dépourvue d'écaille. Il baisse son arme et se dirige vers moi, méfiant. Malgrè moi, je le détaille : son visage est félin, avec des grands yeux et un menton pointu, comme la bleue. Il doit avoir à peu près mon âge. Mmh, dommage qu'il ne soit pas humain. Puis je me reprends. Il est peut-être agressif, et moi je reste à l'admirer comme la dernière des idiotes ! Non, mais qu'est ce qui m'arrive ?
Poséidon se pose à mes pieds, protecteur. Brave volatile ! L'ange sursaute en le voyant, et tend la main vers lui. L'oiseau fait quelques pas hésitants vers lui, l'observe et pose sa tête dans la main tendue. Il se retourne vers moi : nouvel échange de pensées.
-"Pas ennemi...gentil...suivre chez son chef..."
L'ange me tend la main en geste d'amitié, un sourire aux lèvres. Je la prends et frissonne au contact tiède des écailles. Nous nous enfonçons dans la forêt éclairée par la lune.
Sur le chemin, nous faisons connaissance. Il se montre du doigt :
-Fealin, dit-il avec un drôle d'accent chantant, puis il me désigne d'un mouvement de tête.
-Sania, je réponds.
Il le répète à voix basse, sourit en rejetant ses longs cheveux noirs et m'entraîne dans les méandres d'arbres. Nous arrivons près d'un torrent d'eau froide. Fealin attrape une petite flûte à trois trous, de laquelle il sort une trille mélodieuse. Le même son lui répond de l'autre côté, et, dans un bruissement d'ailes, un autre ange s'envole de la rive opposée et se pose avec légèreté devant nous. C'est une femme, semblable en tout point à Fealin. Même cheveux brillants, même écailles de joyaux...Mais elle porte un bandeau noir sur les yeux. Aveugle ? À part cette singulière différence, elle est vétue d'une longue jupe noire fendue sur les côtés jusqu'à mi-cuisse ( sûrement pour faciliter les mouvements ), d'une cuirasse d'argent ouvragée de feuilles et de fleurs, de longues bottes qui lui arrivent aux cuisses et les inévitables armes ( épée, poignards, arc et flèches ). Sur ses bras dénudés, je remarque que ses écailles sont sculptées très finement. Joli.
Mon guide lui dit quelques mots. Elle y répond d'un hochement de tête, s'agenouille devant Poséidon et tend la main vers lui. L'oiseau renifle les gravures, frotte sa gorge dans la paume de la fille. Je sursaute : les tatouages se sont illuminé brusquement ! La fille a vacillé, surprise. Elle s'incline devant Poséidon et se relève vers moi. Elle tend à nouveau les mains et "regarde" mon visage. Elle parait étonnée de ma peau douce et...de la longueur de mes cheveux !? Il faut dire que la chevelure de Fealin lui arrive quasiment aux reins, et celle de l'autre la dépasse largement de dix bons centimètres. L'a de quoi être surprise : mes malheureux tifs raides atteignent difficilement le milieu de mon dos. Puis la fille me contourne et constate l'absence d'ailes. Elle soupire, décontenancée, puis jette quelques mots à Fealin. Il s'approche, tandis que Poséidon me transmet :
-"Pas t'inquiéter...te transporter plus loin...jusqu'à la ville..."
Sur ce, les deux anges me prennent chacun un bras et se mettent à battre des ailes. Mes pieds décollent du sol petit à petit. Ouha ! Au secours ! J'espère que je ne vais pas avoir le vertige...